
JEFF KOONS est né à York, en Pennsylvanie, en 1955. A partir des années 80, en réinterprétant
les ready-made de Duchamp et en s’inspirant des techniques d’Andy Warhol, l’artiste a centré son travail
autour de thèmes comme la société de consommation, le goût, la banalité, l’enfance et la sexualité. Au
delà de toute notion de jugement ou de critique, Jeff Koons utilise l’art pour célébrer la vie. A travers ses
œuvres, il explore les dynamiques du monde contemporain, l’occident obsédé par des images narcissiques et par les flux sans frontières de marchandises. Pour cela, l’artiste utilise de façon stratégique les
armes mêmes de la société de consommation, comme un professionnel du marketing et de la communication. « Mon travail n’a d’autre valeur esthétique que celle de l’esthétique de la communication » dit-il
en 1992. « Si la réalité s’éclipse derrière sa propre mise en scène, alors autant utiliser la mise en scène et tirer profit des effets qu’elle produit sur la réalité».
A Punta della Dogana, Koons présente cinq œuvres de la série « Popeye » (2002), caractérisées par
l’imaginaire artistique qui, depuis les années quatre-vingts, a marqué son style pop, parfois hyperréaliste : des jouets gonflables utilisés par les enfants dans les piscines (et qui, au-delà de leur dimension
ludique, peuvent aussi leur sauver la vie !), suspendus à des chaînes ou soutenus par des grillages métalliques. Le chien, les tortues, le mille-pattes, le dauphin, la bouée sont en réalité des reproductions
extrêmement lourdes en acier inoxydable soigneusement verni. Libérées des chaînes de la logique et du
bon goût, transformées en symboles des valeurs conventionnelles de la classe moyenne américaine, ces
œuvres révèlent la fragilité des hiérarchies établies de l’art.
Hanging Heart (Red/Gold), 1994-2006, est un immense cœur rouge haut de trois mètres et pesant une
tonne et demie, accroché à l’aide d’un gigantesque ruban doré à l’extrémité de Punta della Dogana. Chargé à la fois d’innocence et de séduction, il est suspendu à 50 centimètres du sol pour arriver à la hauteur
du regard du spectateur. L’observer c’est être littéralement absorbé à l’intérieur de sa surface, plonger
dans un univers fantastique peuplé d’objets démesurés et irrésistiblement sensuels.
© Palazzo Grassi, reproduction interdite
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