Tatiana Trouvé
TATIANA TROUVÉ est née à Cosenza (Italie) en 1968. Elle vit et travaille à Paris depuis le milieu des années 1990. Son œuvre explore les interstices, les intervalles, les transmutations qui définis sent un espace mental à la frontière entre passé et futur, mémoire et potentialité,  présence et absence, réel et fiction. Ses sculptures, ses installations et ses dessins empruntent au langage de l’architecture (éléments ar chitecturaux, colonnes, portes, parois, vitres…) et aux gestes de l’activité humaine dans ses dimen sions les plus concrètes (le classement, l’inventaire, l’archivage, qui  étaient au cœur de son Bureau des activités implicites, œuvre majeure de l’artiste, développée pendant plusieurs années à partir de 1997), pour “préserver les traces d’un devenir en opposition à l’inéluctabilité de la perte”. En introduisant de subtils décalages d’échelle, en jouant sur les matériaux, les jeux de miroirs, l’énergie qui naÎt des oppositions positif/négatif, noir/lumière, elle crée les conditions d’une expérience physique et mentale où se conjuguent  le trouble, la désorientation, l’intranquillité (Intranquillity est précisément le titre de la série dont sont issus les dessins présentés à l’entrée de l’exposition), le sentiment d’absence. L’absence, celle  des êtres comme  celle des œuvres, est précisément  au cœur de Notes pour une construction, installation in situ produite pour  Éloge du Doute.
En s’inspirant de la fonction originelle du lieu  (la douane comme  lieu de la traversée, du  passage, où se définit et se transforme la valeur des choses), elle  présente un corpus d’œuvres  absentes, dont sont seules visibles les traces, les réminiscences. « En jouant avec le désir de possession du collectionneur, j’ai essayé de présenter le maximum d’œuvres, mais in absentia, dit l’artiste. J’aimais l’idée d’entrer dans ce jeu, mais en creux, par le vide, en suggérant des espaces qu’on ne peut jamais remplir – une métaphore qui vaut aussi pour la création artistique ».
Souvenirs d’installations dont ne subsiste plus que  la mesure de leur hauteur, inscrite dans le mur (La misura delle cose). Répliques du poids des œuvres (Doppelganger) ou mémoire de leur forme,  imprimée dans les objets, ici réalisés en bronze, qui les protègent lorsqu’on les pose au sol ou contre le mur (Archéologie du Vide). Traces de leurs possibles implosions dans des boites de plexiglas au format des caisses servant à les transporter (Implosions). Evocation de la notion d’énergie et des processus de fabrication et de transmutation (les bouteilles de gaz de Sans titre, ne sont-elles pas aussi un clin d’œil à Duchamp ?). Moulages en béton des archives du projet (Tabularium), des matériaux d’emballage, des matelas utilisés pour dormir dans l’atelier (Repliements). Autant de micro-récits implicites, autant de fantômes d’une œuvre disparue, ou encore à venir.

© Palazzo Grassi, reproduction interdite

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Tatiana Trouvé - Notes pour une construction (2011)
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Tatiana Trouvé - Notes pour une construction (2011)
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Intervista a Tatiana Trouvé (English subtitles)
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