Salle 32
Adel Abdessemed, artiste algérien né à Constantine en 1971 et aujourd’hui résidant à New-York, est l’auteur de Pluie Noire, oeuvre réalisée en 2005. L’installation est composée de cinquante-et-une reproductions agrandies de forets en marbre noir, disposées en ordre croissant. Tous ces éléments rappellent, comme le suggère le titre, une pluie inversée qui part du bas vers le haut et suit le sens de rotation des pointes qui en s’allongeant s’affinent progressivement comme les arbres dépouillés d’une forêt enchantée. Si le style laisse entrevoir d’un coté un rappel aux séries minimalistes de modules géométriques, on y perçoit quand même l’enseignement formel des colonnes infinies de Brancusi. Chaque pointe est une métaphore de l’individu et de son rapport à la collectivité, une allusion à l’interaction entre les individus et la masse. Le marbre utilisé par l’artiste, ce matériau dur et résistant mais aussi noble et fragile, renvoie à la faiblesse de la condition humaine. Dans ses travaux, souvent provocateurs, Abdessemed s’intéresse la relation entre l’individu et la multitude, la difficulté que peut avoir un individu à s’insérer à l’intérieur de catégories sociales prédéfinies et les controverses politiques, ethniques, religieuses et culturelles qui en découlent. L’artiste, dans ses oeuvres, fait indirectement référence à son passé quand, en 1994, suite à un coup d’état militaire et à la répression politique en Algérie, il décide de s’expatrier en France. Les thèmes du déracinement et de la difficulté d’intégration, des discordes entre ethnies se retrouvent régulièrement dans les oeuvres d’Abdessemed, qui s’exprime aussi bien par le biais de sculptures, de vidéo, de dessin et de la musique.

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Adel Abdessemed, Pluie Noire, 2005 - ph:ORCH