Daniel Buren (Paris, 1938) est l’un des protagonistes absolus des néo-avant-gardes artistiques européennes de la fin des années soixante et des années soixante-dix. La refonte totale des modes traditionnels de la pratique de l’art, l’abandon complet de la figuration et l’élément conceptuel sont les aspects prédominants de sa vision artistique. A partir de 1965, Buren réalise des oeuvres constituées de bandes contrastées (blanc/noir, blanc/rouge, blanc/vert) de largeur constante (8,7 cm) qu’il décrit comme « un instrument pour voir ». Les
Peintures aux formes variables qui datent de 1966 présentées à Palazzo Grassi sont des paradigmes de sa production. Partant d’une vision architecturale, l’artiste définit, au moyen de ces bandes de couleurs, des pleins et des vides qui apportent à l’oeuvre un nouveau statut ; d’objet d’art elle devient modulation de l’espace dans lequel l’observateur doit pénétrer de tout son être. Au cours de sa carrière, Buren peint des bandes sur des supports disparates, en utilisant des matériaux divers. Suivant un processus radical d’interrogations sur le sens de l’art et le rôle de l’artiste, il effectue de nombreuses interventions d’art public, la plus célèbre étant peut-être l’installation permanente Les Deux Plateaux, dans la cour d’honneur du Palais Royal à Paris. Sa recherche est consacrée à l’intégration de l’art dans le contexte urbain, en le mettant en lien avec le tissu social des lieux dans lesquels il intervient. Comme d’autres artistes des années soixante-dix (arte povera, art conceptuel, land art), il revendique la possibilité d’attribuer à ses travaux une dimension éphémère et transitoire, dans le choix des matériaux et dans la destination finale de l’oeuvre. En 1986, Daniel Buren a représenté la France au pavillon des jardins de la Biennale de Venise et a remporté le Leone d’Oro.
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