La Collection François Pinault, une sélection Post-Pop

Palazzo Grassi
11/11/2006 - 11/03/2007

Exposition

Les 18 artistes contemporains présentés incarnent, chacun à leur manière, une dynamique réactualisation du courant Pop Art. A travers les mythes de notre société de consommation et de communication de masse, ces artistes se penchent sur notre identité individuelle, historique et géographique.

Le mythe de l’American way of life se voit décortiqué avec ironie et violence par les artistes américains. On retrouve les icônes consommatrices de Jeff Koons, les innovations techniques et spatiales de Charles Ray, les troublants questionnements sexuels de Paul McCarthy ou encore la déconcertante et subtile réflexion raciale et sociale de David Hammons. La culture hollywoodienne est au coeur de l’oeuvre acrylique de Ed Ruscha, l’artiste symbole de Los Angeles ; elle imprègne de même la violence des textes et des dessins de Raymond Pettibon. Christopher Wool, à travers un ensemble de 22 peintures « paroles », nous propose une expérience sensorielle, fascinante et provocante.

L’exposition présentait trois des plus importants protagonistes de la génération des Young British Artists. Ancrée dans la banalité du quotidien, l’œuvre de Sarah Lucas rompt avec humour les tabous sexuels et machistes de notre société. Tout aussi agressifs et transgressifs, les frères Chapman mettent en parallèle une vision grotesque de notre sexualité et le chaos frénétique de la guerre. Les œuvres « en vitrine » de Damien Hirst offrent enfin le reflet glaçant de nos habitudes fétichistes de consommation, dans lesquelles viennent se fondre l’artificiel et l’humain.

Les sculptures disproportionnées de silicone et d’acier de l’artiste allemand Thomas Schütte explorent le rapport conflictuel entre l’individu et son environnement architectural et urbain. De même, Inochi, l’attachant et maladroit héros de Takashi Murakami, nous plonge dans une adolescence brutale et solitaire.

Le parcours de l’exposition présentait enfin deux œuvres emblématiques de l’artiste polonais Piotr Uklanski et l’artiste italien Maurizio Cattelan, références d’une sidérante candeur à des pages sombres de notre histoire. Ces deux œuvres venaient parfaitement résumer une sélection qui, entre tragédie et humour, force le visiteur à remettre en cause son patrimoine visuel et culturel.

Commissaire de l'exposition : Alison M. Gingeras